Grâce à la générosité de son ciel, à l'héritage antique de Pythéas, à ses liens avec le monde arabo-musulman, à la proximité de l'Italie, la Provence a toujours connu une tradition astronomique très importante. À partir du règne de Louis XIV et du développement du port de Marseille, les nécessités de la navigation ont entraîné une recherche astronomique de grande ampleur. La cité phocéenne devient alors avec ses trois observatoires l'un des premiers pôles d'études du ciel en Europe. La Provence se spécialise dans l'astronomie de position avec l'observation des éclipses, des satellites de Jupiter et du soleil pour la détermination précise de l'heure. Jusqu'à la fin du XIXe siècle un grand nombre des comètes est découvert à Marseille. Le développement des villes et les pollutions lumineuses et industrielles vont entraîner le transfert des observatoires vers d'autres cieux.
N.-C. Fabri, plus connu sous son seul nom de Peiresc, est un humaniste aixois du début du XVIIe siècle. Né à Belgentier (il y avait la peste à Aix à ce moment-là), il vécut principalement à Aix où il fut Conseiller au Parlement de Provence. Il était aussi seigneur de Peiresc (rebaptisé de nos jours Peyresq) et abbé de Guîtres.
Véritable polymathe, Peiresc fut aussi un grand épistolier qui entretint des correspondances avec les plus grands de son époque, parmi lesquels Malherbe, Rubens, Galilée, Gassendi (auteur de la meilleure biographie dont on dispose). Bien que s'intéressant à toutes les disciplines, il consacra une partie de son temps à l'astronomie, observant les satellites de Jupiter et la Lune (dont il fit réaliser la première carte par le graveur Claude Mellan) ainsi que tous les phénomènes dont il eut connaissance. Il fut également le découvreur de la nébuleuse d'Orion et de l'amas de la Crèche. Il organisa l'une des toutes premières observations coordonnées d'une éclipse de Lune, usant du concours de correspondants répartis autour de la Méditerranée qui déboucha sur une meilleure connaissance des longitudes et de la longueur de cette mer, pourtant sillonnée depuis de nombreux siècles.
Il reste de lui des notes manuscrites fort intéressantes, conservées principalement à la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, mais aussi à la Bibliothèque Méjanes d'Aix et à la Bibliothèque nationale de France.
La conférence proposera une rétrospective sur cet aixois trop méconnu, centrée sur ses travaux astronomiques reproduits de ses écrits conservés à Carpentras et organisée sur la biographie de Gassendi.